Le Kumihimo est un art de tressage japonais très ancien, un example parfait de la beauté de l'artisanat japonais. Ces tresses sont utilisées comme attaches pour les yukatas et kimonos, ainsi que pour les sageo, les cordes servant à attacher les épées. J'ai appris à tresser sur 3 mètiers, le Marudai et le Takadai avec Giovanna Imperia , puis sur le Ayatakedai avec Matsushima san

History

Les cordes sont un élément essentiel de la culture japonais, leur usage ainsi que la manière de les faire a évolué au cours du temps. Les techniques de tressage ont d'abord étées introduites par les chinois avec le bouddhisme. Pendant la période Heian(794-1192) les temples bouddhistes étaient décorés des tresses très élaborées, souvent tréssées par les moines eux-même, avec des motifs et des couleurs choisis en fonction de leur signification religieuse. Plus tard les tresses kumihimo furent utilisées pour les habits de la cours (sokutai) .

Pendant la période Kamakura (1192-1333) l'artisanat du tressage a pris un essors considérable grâce aux Samurais et en particulier leurs armures. Une seule armure pouvait utiliser jusqu'à 250 métres de cordes, appelées 'odoshi-ito', pour attacher ensemble les plaques métalliques (kosaneita), les cordes étaient aussi utilisées pour l'armure du cheval et son harnais.

Pendant la période Muromachi (1336-1573) les cordes servaient à fermer les sacs de thé, le noeud complexe (musubi) faisait office de cadenas pour protéger le thé des tentatives d'empoisonnement. Il était en effet impossible de defaire et refaire le noeud de la même façon. Ces noeuds sont encores utilisés pour les cérémonies du thé.

Les techniques de tressage étaient secrètes, la première publication sur ce sujet date du 19eme siècle, pendant la période Edo. Des chercheurs comme Makiko Tada ou Masalo Kinoshita étudient les tresses anciennes des temples pour redécouvrir ces techniques et les adapter aux métiers à tresser modernes.
Les tresses ci-dessous sont des reproductions de tresses historiques faites par la Domyo Kumihimo School à Tokyo:

A l'origine le tressage se faisait à la main, une technique qui s'appelle 'kute-uchi' et que l'on retrouve dans plusieurs cultures autour du monde. Des boucles de fil sont tenues, soit sur les mains soit sur les doigts, et échangées et croisant de façon à former un motif. Pour certains motifs il fallait être plusieurs. Plus tard d'ingénieux artisans ont introduit les métiers à tresser qui sont présentés plus bas et qui permettent à une seule personne de créer des motifs complexes plus rapidement.

Certaines trésses anciennes sont visibles dans les trésors des temples, come Shosuin ou Horyuji, et en particulier Mitake oú l'on peut voir la très belle ryomen-kikko-gumi ainsi que le motif 'Mitake'. Il n'en reste malheureusement pas beaucoup, les tresses étant faites à partir de fibres naturelles.

C'est pendant la période Meiji (1868-1912) que l'artisanat du tressage aurait pu disparaître, avec l'interdiction de porter une épée et la disparition des Samourais. La mécanisation du tressage à permis de rendre plus abordables ces tresses et les artisans ont trouvé un autre marché, plus petit cependant, pour les obijimes (tresses attachant la ceinture, obi, des kimonos), et se diversifient dans les accessoires pour cell-phone par example. La plupart des kumihimos sont faits mécaniquement mais il reste heureusement encore des artisans au Japon et dans le reste du monde pour perpétuer cet art et le faire évoluer.

Matériel

Fils

Les fils utilisés sont en général naturels: coton, lin, soie. Des artistes comme Giovanna Imperia utilisent aussi des fils de métal très fins, et d'autre du crin de cheval. Un obijime est principalement en soie, spécialement préparée, et assez difficile à trouver en dehors du Japon. On peut aussi utiliser du fil à broder en nylon, moins cher et plus facile à trouver mais la tenue et l'aspect est différent.
La préparation de la soie pour le kumihimo est spécifique. La soie naturelle est nettoyée divisées et mesurée, un processus appelé 'itowari'.



Ensuite elle est teintée et enroulée (itokuri) sur un support en bois appelé 'kowaku'.

Pour finir les brins sont regroupés et torsadés (yorikake). Les machines dans cet articles ont étées photographiées dans le studio de monsieur Maezawa à Iga.

Avant le tressage les groupes de fils sont attachés et entourés sur une bobine appelée 'tama', en bois avec un coeur de plomb: le poids sert à gérer la tension des fils. lors du tressage

Kaku-dai

Le Kakudai, comme son nom l'indique, est un métier carré. La tresse se forme vers le haut et chaque groupe de fil est torsadé, le resultat est une tresse très ferme avec des bords arrondis.

Karakumi-dai

Le Karakumidai est carré aussi, avec des komas (les petits taquets) tout autour pour retenir les fils. Les tresses prées ici sont des reproductions de tresses anciennes faites par la Domyo Kumihimo School à Tokyo.
Les tresses ont des motifs de losanges très reconnaissables: Weaver's Hands photos .

Naiki-dai

Le Naikidai, appelé aussi 'gacha-dai' pour le son qu'il produit, est semi automatique. Il est possible d'en voir un en état de marche dans le studio de monsieur Matsushima à Iga.
L'artisan bouge une poignée d'avant en arrière, entrainant des engrenages qui font tourner des pièces de bois avec des crochets. Ces crochets attrapent les fils et les relâchent pour former le motif.

J'ai adoré le voir fonctionner, et effet c'est très bruyant.

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Maru-dai

Le Marudai ressemble un peu au Kakudai, mais comme son nom l'indique aussi il est rond. La partie ronde s'appele le miroir. L'artisan se positionne à genoux devant et bouge les tamas autour du mirroir. Les tamas permettent de garder une tension constante et le bruit des tamas qui s'entrechoquent rythmiquement est très mé ditatif. Contrairement au Kakudai la tresse se forme vers le bas, entrainé e par un contre poids. Le nombre et le poids des tamas dé pend du motif et du fil choisis.

Les tresses faites sur le Marudai on une section polygonale, et un diamètre gé né ralement faible.
Beaucoup d'artistes incorporent aussi des perles, parfois même au point de cacher complètement les fils. Je pré fère personnellement les tresses sans perles ou alors avec seulement quelques perles sur les bords pour accentuer le motif.

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Ayatake-dai

Le Ayatakedai s'apparente plus à un métier à tisser. En effet la tresse progresse en ligne avec 2 groupes de fils qui servent de trame. Les fils sont torsadés comme pour le Kakudai, et positionnés sur des pièces en bois qui rappellent l'empenage des flêches. Les fils sont échangés entre les encôches sur chaque plume. Comme pour le Takadai une épée en bambou sert à tasser la tresse.

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Taka-dai

Le Takadai est un métier beaucoup plus large, sur lequel on forme des tresses généralement plates. La tresse progresse en V, plutôt qu'en ligne comme le tissage, et il n'y a pas de fil de trame, en pratique n'importe quel fil peut devenir un fil de trame à un moment du tressage.

La largeur de la tresse dépend du nombre de fils et est limitée à la largeur du torii, la piece de bois sur la partie supérieure du Takadai. Comme pour les autres métiers les fils sont enroulés sur des tamas qui gèrent la tension. Les fils reposent sur des petits taquets, les komas, qui les gardent bien séparés. Comme pour le Ayatakedai une épée en bois permet de bien tasser la tresse. Certains motifs utilisent 2 bras du Takadai, droite et gauche, et d'autres plus complexes utilisent les 4 bras.

Une catégorie de tresse, les tresse doubles, permettent de créer des motifs. Deux tresses sont superposées et se croisent, le croisement faisant apparaître le dessin.

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Les disques de Makiko Tada

Makiko Tada's disks

Makiko Tada a développé plusieurs types de disques, facile à transporter et très utilisés pour les enfants et lors de cours. Le disque remplace le Marudai, il n'y a pas de tamas mais les encôches sur les bords retiennent les fils. Les fils sont bougés d'une encôche à l'autre. Makiko Tada a aussi développé une série de motifs spécifiques aux disques, et que l'on retrouve dans ses livres (voir plus bas).

Finitions

Les tresses sont généralement terminées par des pompons, qui sont passés à la vapeur (yunoshi) pour bien séparer et lisser les brins. La tresse est aplatie au rouleau sur une planche en bois (korokake).

Références

Achats

Livres

Les livres ci-dessous sont en anglais mais les diagrames sont très clairs.

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